Sous le titre "Promenade dans le monde étrange de Dostoïevski", je présente une nouvelle exposition au Musée mémorial littéraire Dostoïevski à St-Pétersbourg en Russie. Ouverture le 25 Juillet à 17h30 - Exposition jusqu'au 14 Août 2013.
Ma nouvelle série de dessins est le résultat final de mes longues marches dans les rues de Saint-Pétersbourg pour aller dans les lieux et les adresses où ont vécu Dostoïevski et les personnages de son roman "Crime et châtiment".
Avec le soutien financier de l'Institut Français et de la Ville de Nantes.
Я представляю вашему вниманию новую выставку под названиием "Прогулка в странном мире Достоевского".
Открытие выставки состоится 25-го июля в 17.30 в Литературно-Мемориальном Музее Ф.М. Достоеского,
выставка продлится до 14-го августа 2013 года.
Серия моих новый рисунков - результат долгих хождений по улицам Санкт-Петербурга, по местам / по маршруту адреса Достоевского, где жили герои "Преступления и наказания".
При финансовой поддержке города Нанта и Французского института.
Née à Nantes de parents russes exilés, Olga Boldyreff tente dès les années 1980 de recoudre une histoire secouée par différentes tragédies. Ces éléments biographiques ne peuvent à eux seuls fonder le commentaire de l'œuvre mais il semble qu'ils aient profondément marqué l'univers sensible et mental de l'artiste qui s'engage très vite dans des recherches marquées par l'errance, le voyage en tant que quête d'un lieu possible.
Après des études au Conservatoire d’Art Dramatique à Angers, elle étudie à l’Ecole des Beaux-Arts où elle obtient son DNSEP. Sa pratique prend des formes multiples, de l'écriture au dessin, de la photographie aux performances, de la peinture à la sculpture, de la vidéo à la radio jusqu'aux conférences d'histoire de l'art et lectures théatralisées. Dans les années 1980, ses dessins, performances et installations questionnent les thèmes de l'exil et de l'absence. Les histoires d'errances et d'exils sont chaque fois différentes. Pour Olga Boldyreff, elles sont fractures, cassures des liens familiaux, pertes des liens culturels et des transmissions. Les fils de la mémoire sont coupés. Longtemps sans repère dans l'espace et le temps, elle trouve avec ses oeuvres brodées les moyens de remplacer une partie des langages symboliques qui n'ont pu lui être légués. Elle imprègne ses œuvres d'une dimension psychique, issue de ses traumas personnels.
Travaillant un peu à l'écart de la scène artistique, son travail se développe dans les années 1990 autour des thèmes de la frontière, du déplacement, de la solitude, de la féminité. Elle transforme son territoire artistique en un terrain de jeux, de recherches et d'échanges. Mélangeant l'espace privé et public, elle tente d'apporter un renouvellement du dessin et de la sculpture en réintégrant des techniques et des matériaux délaissés par le langage de l'art contemporain qu'elle emprunte aux arts populaires.
Son oeuvre prend un nouveau tour dans les années 2000, l'artiste constate que sa mémoire n'est pas son bien propre. Elle s'interroge sur son fontionnement, ses limites et ses pouvoirs, sa capacité à transformer, à créer à ouvrir d'autres frontières. Comment garder le souvenir de celles et ceux qui disparaissent à jamais ? Comment poursuivre la vie avec eux ?
Telle une constellation, l'oeuvre d'Olga Boldyreff laisse voir comment vit sa mémoire, comment elle se métamorphose subtilement par ajouts, oublis, superpositions. Cette oeuvre proche de la dispersion ne cesse de se construire par déplacements, appropriations, mêlant cesse le vrai et le faux, l'exactitude et la fable. Pour Olga Boldyreff, l'errance s'enracine désormais dans une absence de lieu, dans une identité ouverte et en mouvement. L'artiste sait qu’elle doit sans cesse changer de regard pour aborder la complexité du monde. Elle redistribue à nouveau les cartes ; ses dernières oeuvres témoignent de l’expérience de la présence en un lieu, elles provoquent des collisions dans le temps et dans l'espace, elles sont tour à tour terrain de perte de soi et support de la recherche de l’autre.